Pages

▼

lundi 25 mars 2013

Roscos de Semana Santa : beignets espagnols traditionnels de Pâques, on se lâche enfin sur le sucre et le gras!



Le Carême en Espagne reste encore très suivi par les Espagnols.
Cette diète à base de bacalao, d'oeufs et de verdure
qu'ils "s'imposent" prend fin avec les festivités de la Semaine Sainte.

Monas,
leche frita,
buñuelos,
gañotes,
tortas de aceite,
pestiños, 
flores de sartén,
torijas 
ou encore
roscos,
ces dulces (entremets sucrés) traditionnels de Pâques marquent le retour
de la cuisine divinamente rica.  


De quoi prendre des forces pour participer ou suivre les processions, où la souffrance infligée
et l'auto-flagellation de repentir lavent leur âme perdue de tous les péchés de l'année.
En tant que protestante, je n'ai jamais compris cette philosophie de l'auto-amnistie,
surtout sur la place publique, mais je n'ignore pas que le don d'amour du Grand Pardon
n'est jamais mieux servi que par soi-même...

Parfumés à l'anis et/ou aux agrumes, saupoudrés de sucre et de cannelle, les roscos ou rosquillas,
couronnes en castillan, se mangent avec ou sans faim, avec ou sans gourmandise, de 7 à 77 ans :
n'importe quelle bouche même édentée vient à bout du moelleux sucré et fondant
de ces véritables petites bombes à retardement.

Les historiens de la cuisine espagnole prétendent volontiers que les roscos de Semana Santa,
grignotés tout le long de l'année, tout fout le camp même et surtout la tradition catholique,
ne sont ni plus ni moins que les ancêtres des donuts, ces beignets creux qui ne manquent jamais
de figurer sur les tableaux de bord des flics buenos o malos dans les séries américaines.



Rien n'est moins sûr, l'origine nord européenne de cette friandise paraissant la plus probable.
Mais un peu de révisionnisme culinaire identitaire console d'une épidémie terrible :
les Donuts de la marque catalane Panrico, précurseurs espagnols de la pâtisserie et de la boulange industrielles, sont vendus comme des petits pains sur toutes les barras et dans toutes les boulangeries d'Espagne, de Navarre et de Catalogne à grand renfort de campagnes publicitaires comparatives
et de procès contre qui osent appeler donuts ou doughnuts leurs roscos, les Catalano-Mexicains de Bimbo, l'autre grande marque de saloperies industrielles, en ayant eu pour leur frais en octobre 2012. 

Ces deux géants de la malbouffe espagnole innondent les linéaires avec plus d'une vingtaine de marques chacun, plus d'une centaine de références et pléthores mensuelles de nouveautés et de promotions,
comme chez Mc Do : on n'a jamais rien trouver de mieux que le sucre, le gras et la peur d'être has been pour créer la demande et la dépendance.
Si Panrico fait appel à des acteurs cools et branchés,
Bimbo préfère jouer la carte un "du pain sain pour esprit sain dans un corps sain"
avec Léo Messi et Eduard Punset pour faire saliver le chaland.

Les Espagnols sont encore hélas peu sensibilisés à la malbouffe et aux dangers de la junkfood :
elle est largement considérée comme un signe de modernité et de confort matériel.
Heureusement, certaines écoles commencent à interdire la bolleria industriale à la collation du matin. Malheureusement, les desperate madres espagnoles substituent souvent avec un bocadillo au pain de mie Panrico ou Bimbo et à la rillette de thon industrielle Calvo, qui est au thon ce que le surimi est au crabe.  

Ces roscos provoqueront forcément envie, gourmandise voire luxure... vous rétablirez l'équilibre en allant taper avec tout votre courage à la porte de votre nouveau voisin, clône d'Eduardo Noriega, pour lui en proposer très généreusement en guide de modeste cadeau de bienvenue.


Recette des roscos :les beignets traditionnels
espagnols de la Semaine Sainte



Ingrédients pour 50 beignets

1 kg de farine T45
450 g de sucre
4 oeufs
20 cl de jus d'orange
25 cl d'huile d'olive vierge extra + 5 cl
2 sachets de levure chimique
1 cc de cannelle
les zestes d'une orange
Huile de friture neutre

Préparation : 30 mn

Repos : 30 mn

Cuisson : 30 mn



Progression

UNO
Réserver 50 g de sucre pour la finition et 5 cl d'huile pour la manipulation.
Dans un grand bol, mélanger le sucre (400 g donc), les oeufs, le jus d'orange bien fouetter
Moudre au pilon les graines d'anis puis les mélanger avec la farine, les zestes d'orange, les graine et la levure.

DOS
Incorporer 1/3 du mélange sec au mélange liquide à l'aide d'un fouet.
Rajouter la moitié de l'huile d'olive, bien mélanger.
Incorporer encore 1/3 du mélange sec et bien remuer pour homogénéiser.
Rajouter le reste d'huile d'olive, bien intimer.
Rajouter le reste du mélange sec, huiler les mains avec un peu d'huile d'olive
puis travailler rapidement la pâte.
Former une boule sans tasser, couvrir et laisser reposer à température ambiante 30 mn.

TRES
Huiler le plan de travail, les mains ainsi qu'un plateau. Former des boules de la taille d'une balle de ping pong, les aplatir puis les trouer au centre afin d'obtenir une couronne d'environ 5 cm de diamètre. Les déposer au fur et à mesure sur le plateau huilé.



CUATRO
Chauffer l'huile de friture à 160°C.

ALLUMER LA HOTTE
OUVRIR LA FENETRE 
FERMER LA PORTE DE LA CUISINE  

Mélanger le sucre et la cannelle dans une assiette creuse à tenir sous la main.
Frire les roscos 4 par 4, 30/40 s de chaque côté, et les passer dans le mélange sucre et cannelle
dès leur sortie du bain d'huile sans les égoutter.
Réserver au fur et à mesure sur une grille ou du papier absorbant.



Manger rapidement les roscos de Semana Santa ou les maintenir dans une boîte en plastique hermétique pour qu'ils ne dessèchent pas. 




Ephéméride pré pascal

La recette alternative au gigot de Pâques

L'arnaque à éviter :
l'agneau de pré salé c'est pas maintenant! Les explications chez Greta Garbure

La Desprogerie
Noël au scanner, Pâques au cimetière

La B.S.O. parce que la GoreGahanMania ça se travaille en famille,
avec respect, imagination et beaucoup d'enthousiasme
(merci Topito)



Blogeo Ergo Sum


pour me suivre pour les réseaux

googleplusserisez-moi










retrouvez mes avis de sortie sur



et n'oubliez pas

5 commentaires:

  1. L'an dernier à Pâques, j'étais en Andalousie, ben j'en ai pô vu.
    Par contre j'ai eu d'la neige . . .
    C'est sûr que j'aurai pu alterner ça au p'tit déj avec les tostadas (tartines de coulis de tomate bien relevé).
    D'ailleurs des tostatdas, j'vais en refaire dès le retour des beaux jours, c'est trô bon le matin . . .
    Ciaooooooooooooooooooooooooooooo

    RépondreSupprimer
  2. j'arrive de séville, et j'en ai mangé,délicieusement gras mais si bon!!!

    RépondreSupprimer
  3. Ah ! mais le gras est bon ! et on ne peut en aucun cas passer à côté sans en manger...c'est si bon !
    bises et belle soirée

    RépondreSupprimer
  4. Bonjour,

    Cette recette est la préférée de ma grand-mère :) De fait, notre recette familiale est très similaire à la vôtre sauf pour l'enrobage. Comme la texture est assez compacte, nous les prenons souvent avec un bon café au lait où nous trompons les beignets :D

    Très bonne journée et merci pour le partage

    RépondreSupprimer
  5. j'ai testé ce jour et j'en reviens pas ils sont juste parfait ! Gracias !

    RépondreSupprimer

Allez-y mettez votre grain de sel, ça m'intéresse